Pourquoi Chypre accueille-t-elle soudain un line-up digne de Drumcode ?

Chypre n'a jamais fait partie du vrai circuit techno européen. Ayia Napa s'est bâti une réputation sur les séjours EDM commerciaux façon package, pas sur le genre de programmation qui fait monter dans l'avion le fondateur de Drumcode, Adam Beyer. Le BEONIX Festival tente de changer la donne. Désormais à sa troisième édition depuis son lancement en 2024, le festival revient à ETKO, l'ancienne cave viticole de Limassol, du 25 au 27 septembre 2026, avec une affiche qui dépasse largement les standards saisonniers : Beyer headline le 25 septembre aux côtés de CamelPhat, Argy, Bedouin, PAN-POT, Jan Blomqvist, Monolink et un DJ set de Röyksopp.

Que trouve-t-on vraiment sur l'affiche, et où ?

Plus de 50 artistes se produisent sur quatre scènes montées dans et autour de l'ancienne cave : Main, Hangar, Organic et Garden. Les organisateurs vendent une production multisensorielle, des façades LED habillant la coque industrielle, des espaces intérieurs et extérieurs pensés pour un public qui circule d'une salle à l'autre plutôt que de fixer une seule scène principale. Benny Benassi, Franky Wah et OXIA complètent une affiche qui hésite entre noms grand public et artistes réellement respectés par l'underground, une combinaison qui ressemble moins à une rave qu'à un festival cherchant à prouver qu'il peut tenir les deux publics à la fois.

Un week-end suffit-il à faire de Chypre une étape du circuit ?

Pas à lui seul. Mais le calcul derrière la venue d'une tête d'affiche du calibre de Drumcode est le même que celui fait par la Croatie il y a dix ans avec Dimensions et Unum, ou par la Géorgie quand la réputation du Bassiani est devenue mondiale : faire venir un artiste que l'industrie respecte vraiment, et les agents commencent à répondre au téléphone pour la suite. Les organisateurs attendent 25 000 visiteurs cette année, et BEONIX s'est associé à Red Bull Cyprus, Ibiza Global Radio et au complexe City of Dreams Mediterranean, le genre de soutien qui indique que ce n'est pas un coup ponctuel.

« Un changement de réalité et de conscience vous attend. Nous avons combiné l'atmosphère du festival avec les technologies les plus récentes. »

Reste à savoir si Chypre s'impose vraiment comme un point fixe du circuit est-méditerranéen : cela dépendra du retour de Beyer, CamelPhat et PAN-POT l'an prochain, et de la volonté des agents qui routent déjà la Croatie et la Géorgie d'y ajouter Limassol. Une bonne affiche ne fait pas une scène. Une deuxième, peut-être.