Que fait vraiment Voxis ?
CEDAR Audio s'est bâti une réputation en restaurant, image par image et hors ligne, des bandes vieilles de plusieurs décennies. Voxis, sorti le 27 août 2026, fait l'inverse : il isole une voix d'un signal en direct en moins de 10 millisecondes, assez vite pour tourner sur un mix pendant qu'il bouge encore. Plutôt qu'un noise gate classique ou une empreinte de bruit enregistrée, CEDAR Audio fait passer le signal dans un réseau de neurones profond entraîné à reconnaître la voix humaine et à la détacher de tout le reste : bruit de fond, réverbération, ronronnement de climatisation, circulation, brouhaha de foule. Trois réglages liés gèrent séparément les graves, les médiums et les aigus, plus un contrôle Voice pour faire ressortir la voix isolée. Le plugin existe en VST3, AU et AAX pour Windows 10+ et macOS 10.13+, à 199 £ / 229 € / 269 $ hors taxes, avec un essai de 14 jours. Le PDG Andy Trott le présente comme le « troisième nouveau plugin de l'année » dans la feuille de route 2026 de la marque, aux côtés de nouveau matériel.
Pourquoi moins de 10 millisecondes change la donne ?
La séparation vocale en temps réel existe depuis des années (l'isolation de dialogue de RX, divers débruiteurs live), mais presque tous introduisent assez de latence pour qu'on entende le décalage entre la source et le signal traité, ou lissent les transitoires en essayant de compenser. Dix millisecondes, c'est à peu près la limite de ce qu'un ingénieur son peut percevoir comme un retard. C'est sur ce chiffre que CEDAR vend Voxis, et la cible est claire : régies façade, retransmissions sportives et événementielles, AV de conférence, lieux de culte, partout où une voix doit ressortir propre pendant que ça se passe, pas après coup.
Qu'est-ce que les DJ et producteurs peuvent vraiment en faire ?
Rien, dans la communication de CEDAR, ne mentionne une cabine de DJ. Mais un plugin qui détache une voix d'un signal mouvant en temps réel ne vérifie pas d'où vient ce signal. Envoyez-lui une tranche de mixette sur laquelle tourne un disque, et Voxis n'a aucun moyen de savoir qu'il ne s'agit pas d'un micro live : il va tenter d'isoler la voix de la même façon. C'est exactement l'acapella que tout remixeur, faiseur d'edits ou de mashups doit normalement quémander à un label, ou extraire hors ligne avec un RipX ou un LALAL.AI en luttant ensuite contre les artefacts là où batterie et voix se chevauchent. Voxis traite en direct plutôt que de rendre un fichier, ce qui ouvre la possibilité d'extraire une voix en plein set plutôt que la veille dans un DAW. C'est une capacité, pas un workflow : pas de point de boucle, pas de préréglage d'export de stem, rien de pensé pour un contrôleur.
Où est le piège ?
Le prix, déjà : à partir de 199 £, on est sur une ligne de budget d'ingénieur broadcast, pas sur un achat d'impulsion. C'est en plus réservé au bureau, Windows et macOS, sans version mobile autonome ni boîtier matériel, et CEDAR n'a donné aucun signe de vouloir chasser le marché DJ avec cette sortie. Reste à voir si ça dure.



