Que s'est-il passé exactement à Defqon.1 ?

Cette fois, ce n'était ni un orage ni un terrain inondé, c'était l'air lui-même. L'institut météo néerlandais KNMI a déclenché un code rouge canicule, le premier de l'histoire du pays, avec des prévisions de week-end grimpant vers 40 °C. Defqon.1, l'institution hardstyle qui remplit les champs de Biddinghuizen chaque mois de juin depuis 2011, ne pouvait pas se tenir en sécurité dans ces conditions.

L'organisateur Q-dance n'a pas tout arrêté d'un coup. Il a d'abord supprimé les billets journée du vendredi et du samedi pour désengorger le site, puis réservé l'entrée aux détenteurs de pass week-end, avant d'annuler purement et simplement la suite. À ce moment-là, des dizaines de milliers de personnes campaient déjà sur place. "Nous sommes absolument dévastés par cette décision", a réagi le festival, parlant d'"un coup ressenti à tous les niveaux". Chaque billet sera remboursé, avec une compensation supplémentaire promise une fois la poussière retombée.

Pourquoi cela dépasse un simple week-end hardstyle

Defqon.1 n'est pas une soirée deep house, mais la leçon se moque du genre. Le même week-end, les météorologues décrivaient la canicule la plus sévère et la plus étendue jamais enregistrée en Europe de l'Ouest, le Royaume-Uni battant son record de chaleur pour un mois de juin. La saison des open airs court de juin à septembre, soit précisément le moment où ces événements percutent désormais une chaleur qui n'a plus rien d'exceptionnel.

La météo devient alors un coût d'exploitation. Un festival de plein air d'un quart de million de personnes, sous un pic à 40 °C, c'est une exposition de santé publique : tentes médicales, eau, ombre, plans d'évacuation, et la responsabilité si ça tourne mal. Les open airs house et techno, les Sónar, Dripping et autres Gottwood du calendrier, sont sous le même ciel.

Un terrain détrempé, on l'éponge. Un record national de chaleur, il faut concevoir l'événement autour.

Les festivals peuvent-ils vraiment s'adapter ?

Jusqu'à un certain point. Les promoteurs peuvent décaler les sets vers la nuit, planter plus d'ombre, distribuer de l'eau et surveiller les prévisions comme des aiguilleurs du ciel. Certains avanceront ou reculeront discrètement leurs dates. Mais un État qui déclenche son tout premier code rouge, c'est un arrêt net, pas un réglage, et aucun brumisateur ne passe au-dessus d'un ordre de sécurité publique. La question gênante que Defqon.1 vient de poser : le format lui-même, des foules énormes en plein jour et en plein air fin juin, a-t-il encore un sens pour la décennie qui vient ?