Los Angeles a passé ces dernières années à voir des clubs ouvrir et fermer plus vite que la plupart des promoteurs ne mettent à jour leur liste de diffusion. Dans ce contexte, ORIGIN est un pari différent : deux vétérans de la nuit qui investissent réellement dans une salle permanente, pensée d'abord pour le son, dans un quartier devenu l'adresse par défaut de la musique électronique underground à Los Angeles.

Qui est vraiment derrière ce projet ?

ORIGIN est le projet de Roni Mehrabian et Cyril Bitar, qui ont ensemble construit SBCLTR et Minimal Effort, deux des marques club les plus crédibles de LA, aux côtés d'événements comme LABRYINTO et l'édition locale de Brunch Electronik. Ce n'est pas un CV bâti sur un pop-up isolé. C'est plus de 20 ans d'expérience cumulée dans l'organisation d'événements, exactement le type de profil qui manquait à la scène électronique de LA au niveau des salles, pas seulement des soirées : des gens qui savent ce qu'il faut à un lieu pour survivre au-delà de son premier mois.

L'adresse, 613 Imperial Street, place ORIGIN en plein cœur de l'Arts District, le quartier qui a absorbé la majorité de l'énergie nocturne du centre-ville de LA à mesure que d'anciens lieux fermaient ou étaient réaménagés. Le bâtiment est conçu comme un hybride intérieur/extérieur : une salle principale reliée à un grand patio, avec une disposition pensée pour que le public puisse circuler physiquement entre les deux espaces au fil de la soirée, plutôt que de rester enfermé dans une seule salle.

Pourquoi le système de son compte-t-il autant ?

L'élément central ici, ce n'est pas la politique de booking, c'est la sono. ORIGIN s'équipe d'un système KV2 Audio analogique sur mesure, calibré spécifiquement pour la salle, plus un système distinct conçu pour les conditions en plein air du patio. La personne derrière ce calibrage est Marc Dizon, dont la liste de références ressemble à une sélection des meilleurs travaux acoustiques de club aux États-Unis : Brooklyn Mirage, Output New York, Hakkasan Las Vegas et Sound LA. Ce sont des salles dont les DJ et les ingénieurs en tournée parlent précisément pour leur son, pas seulement pour leur affiche.

Cela compte plus qu'il n'y paraît sur le papier. Un club peut booker les bons noms et quand même perdre la salle si les basses ne tiennent pas sur un dancefloor plein ou si le système ne reste pas homogène de la scène jusqu'à la mezzanine. Faire venir un ingénieur avec un tel parcours avant même le premier flyer envoyé est un signal sur le genre de club qu'ORIGIN veut devenir : un lieu jugé par des gens qui savent vraiment écouter.

ORIGIN est conçu autour d'une salle principale et d'un grand patio extérieur pensés pour la circulation entre les espaces au fil de la nuit, avec des systèmes distincts calibrés pour chacun.

Qu'est-ce qui va vraiment y passer ?

La programmation est explicite sur le genre : house, techno et ce que le lieu appelle une musique électronique tournée vers l'avenir, pas une politique de booking généraliste qui remplit un samedi soir à n'importe quel prix. Le vendredi est réservé aux lives, entre artistes émergents et confirmés. Le samedi alterne sessions extérieures en journée et programmation club en fin de nuit, offrant à ORIGIN deux publics distincts dans la même semaine sans diluer ni l'un ni l'autre. Aucune date d'ouverture précise ni aucune affiche n'ont été annoncées pour l'instant ; les sources et les matériaux du lieu évoquent fin d'été ou début d'automne 2026.

Pourquoi c'est important

Une nouvelle salle sérieuse avec un tel investissement sonore est un vote de confiance envers l'underground de Los Angeles, à un moment où l'immobilier des clubs y est réellement instable, et elle offre aux artistes house et techno en tournée un lieu pensé pour eux qui n'existait pas jusque-là dans l'Arts District.

Ce qu'on en pense

Le fait qu'ORIGIN mette en avant sa sono avant son affiche d'ouverture en dit long sur le public visé. Des promoteurs venus du côté soirée du nightlife de LA mettent rarement le son en une de leur communiqué de presse ; Mehrabian et Bitar l'ont fait, et associer cela spécifiquement à Marc Dizon, plutôt qu'à un installateur générique, ressemble à des gens qui ont assez souvent tenu sur des dancefloors mal sonorisés pour savoir exactement ce qu'ils ne voulaient pas répéter.