Le premier week-end de Tomorrowland 2026 (17-19 juillet, sur le site de De Schorre à Boom, chez Tomorrowland) a rassemblé des centaines de milliers de festivaliers, et avec eux, l'opération anti-drogue désormais annuelle du festival. La police belge fait état de 38 arrestations, de 192 personnes verbalisées pour possession personnelle, et d'un peu plus de 48 000 euros récoltés en transactions immédiates, selon le parquet d'Anvers et VRT NWS.

Que s'est-il réellement passé ce week-end ?

Sur les 38 personnes arrêtées, 21 l'ont été judiciairement et 17 administrativement, ces dernières surtout pour ivresse publique et troubles à l'ordre. Treize étaient soupçonnées de trafic, un échantillon vraiment international de la foule : les dealers venaient d'Australie, de France, de Chine (deux arrestations), de Macédoine du Nord (trois, dont une personne interpellée deux fois dans le même week-end), des Pays-Bas, du Japon, de Turquie, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Par ailleurs, 192 festivaliers ont été surpris avec des quantités d'usage personnel. Plutôt que des poursuites judiciaires, on leur a proposé des transactions immédiates, réglées sur place, pour un total de 48 150 euros. Chacun a perdu son bracelet d'accès et a été raccompagné hors du site. La police a également repéré 34 suspects de vol, arrêté six pickpockets (montres, sacs à main, portefeuilles visés), constaté 107 infractions de circulation et de stationnement, fait remorquer 7 véhicules, saisi 8 taxis clandestins et confisqué 4 drones non autorisés survolant le site.

Que révèle vraiment le labo anti-drogue ?

Le chiffre le plus intéressant se cache sous le décompte des arrestations. La Belgique déploie un laboratoire mobile sur les grands sites de festival, et cette année, il a enregistré 471 échantillons saisis et en a analysé 358. Quatre-vingt-un pour cent contenaient effectivement une substance réglementée ; MDMA, cocaïne et kétamine restent, une fois de plus, les trois substances les plus fréquentes, et 15 % des personnes interpellées transportaient plusieurs types de drogues à la fois.

Le détail qui mérite qu'on s'y attarde, c'est que les résultats du labo ne correspondaient pas toujours à ce que les gens déclaraient avoir acheté. « Cela peut signifier que les usagers ne savent pas toujours vraiment ce qu'ils achètent, ou que les dealers vendent le mauvais produit », a expliqué Kato Belmans, du parquet d'Anvers. Vingt signalements de comprimés de MDMA à dosage anormalement élevé ont été transmis à Sciensano, l'institut de santé publique belge, qui émet des alertes publiques quand un lot dangereux circule.

« Cela peut signifier que les usagers ne savent pas toujours vraiment ce qu'ils achètent, ou que les dealers vendent le mauvais produit. », Kato Belmans, parquet d'Anvers

Comment ce week-end se compare-t-il aux années précédentes ?

Les chiffres globaux sont en hausse par rapport au premier week-end 2025, mais pas de beaucoup : 180 personnes interpellées avec de la drogue il y a un an contre 192 cette année, 9 dealers arrêtés contre 13, et 45 900 euros d'amendes contre 48 150 euros cette fois. La presse belge et néerlandophone décrit ce week-end comme « relativement calme » selon les standards de Tomorrowland, ce qui en dit autant sur l'ampleur qu'a prise ce dispositif répressif que sur le comportement du public.

Les 13 personnes arrêtées pour trafic ont reçu une citation directe pour une audience anversoise consacrée à Tomorrowland, fixée au 25 novembre 2026, un rendez-vous que la justice locale programme désormais chaque année pour absorber le contentieux généré par le festival.