Tout producteur de house ou de techno est passé par là : boucler une mesure d'un vieux disque, isoler la ligne de basse à l'oreille à coups de coupes EQ et de patience, en espérant que le résultat soit assez propre pour être réutilisé. Universal Audio vient de transformer ça en un clic droit.
LUNA 3.0, sorti le 15 septembre, intègre directement dans le DAW la séparation de stems par IA et la conversion audio vers MIDI, dès la version gratuite, sans passer par un outil externe ni faire l'aller-retour vers un service web. Le moteur de séparation et de transcription vient de Moises, la société d'IA audio qui alimente déjà en coulisses de nombreux outils de stems dans l'industrie, cette fois intégrée nativement au workflow de LUNA plutôt que greffée par-dessus.
Concrètement, qu'est-ce que ça permet de faire ?
La version gratuite, LUNA Free, sépare n'importe quel mix stéréo en quatre stems, batterie, basse, voix, reste, directement dans le timeline, aux côtés d'un piano roll conscient de la gamme, de pistes en dossiers et de règles d'accords/tonalité/tempo déjà utiles pour construire un morceau autour d'une boucle samplée. En passant à LUNA Studio à 199 $ (ou en s'abonnant à UAD Spark Studio à 19,99 $ par mois), la séparation monte à six stems, avec en plus une conversion audio vers MIDI qui transforme une ligne de basse ou un stem de batterie isolé en une partie MIDI éditable, réassignable à un synthé ou une boîte à rythmes.
Pour le travail house et techno en particulier, c'est cette étape audio vers MIDI qui est intéressante. Sampler a toujours voulu dire composer avec la performance d'origine, son timing, sa hauteur, son groove exact. Transformer un stem en MIDI permet à un producteur de récupérer le squelette d'une ligne de basse d'un morceau de référence et de le reconstruire avec son propre son, ce qui est une manière de flipper fondamentalement différente (et juridiquement plus floue) qu'un simple découpage de boucle.
Pourquoi les outils vocaux comptent au-delà des sessions pop
LUNA Studio ajoute aussi la transcription vocale avec navigateur de paroles synchronisé et l'extraction d'accords, des fonctions clairement pensées pour les sessions auteur-compositeur mais tout aussi utilisables par un producteur qui extrait un a cappella d'un vieux disque disco ou soul pour un edit vocal house. Avec Tonalic Essential de Celemony et Synthesizer V 2 Core de Dreamtonics, tous deux inclus dans Studio, la mise à jour traite franchement la voix humaine comme une matière malléable et éditable plutôt qu'un enregistrement figé.
« Les grandes chansons partent d'une idée », a déclaré le PDG d'UA Bill Putnam Jr., en présentant la mise à jour comme un moyen de capter et de suivre l'élan créatif plutôt que de lutter contre le logiciel.
Est-ce que ça remplace les outils dédiés à la séparation de stems ?
Pas pour tout le monde, mais ça supprime une étape qui cassait souvent le flow : exporter un morceau de référence vers une autre appli, attendre le rendu, puis réimporter les stems dans la session. Les producteurs qui utilisaient déjà des outils comme LALAL.AI ou iZotope RX pour l'isolation disposent désormais d'une option native, intégrée au même timeline que le reste de l'arrangement, ce qui compte davantage pour une session de club rapide que la qualité brute de la séparation.
LUNA 3.0 est une mise à jour gratuite pour les utilisateurs existants de LUNA ; les nouvelles installations et la mise à niveau vers Studio sont disponibles dès maintenant sur le site d'Universal Audio.



