Pourquoi une boîte de nuit toujours en activité entre-t-elle au musée ?

La plupart des anniversaires de club passent inaperçus, ou arrivent en oraison funèbre, quand la scène pleure une salle déjà fermée. Les 20 ans de The Warehouse Project ne sont ni l'un ni l'autre. Le club est en pleine saison, les billets continuent de partir, et Manchester traite pourtant déjà son histoire comme un patrimoine digne d'être exposé en plein jour, gratuitement. « 20 Years of The Warehouse Project » a ouvert le 16 juillet à The Avenue, à Spinningfields, pour huit semaines jusqu'au 10 septembre, en plein cœur d'une année où WHP remplit aussi les salles du Depot Mayfield.

Ce calage n'est pas un hasard, c'est tout le sujet. Les institutions attendent en général qu'une scène soit terminée pour la qualifier de culture. WHP, lui, n'a jamais fermé : le club a déménagé trois fois depuis 2006, d'une brasserie Boddingtons désaffectée à Strangeways à un ancien abri antiaérien de Store Street, puis, depuis 2019, à l'ancien dépôt ferroviaire de Mayfield, et chaque déménagement n'a fait que grossir son empreinte. Vingt œuvres exposées au public pendant que le club continue de programmer Solomun et Overmono, ce n'est pas le même geste qu'une plaque commémorative sur un bâtiment fermé.

Que contient réellement l'exposition ?

Le parcours mêle pellicule 35 mm, Polaroids, planches contact, photographie numérique et archives, signés par huit photographes qui ont couvert la série sur deux décennies, à commencer par Sebastian Matthes, qui photographie chaque saison de WHP depuis la soirée d'ouverture de 2006, aux côtés de Shaun Peckham, Jody Hartley, Anthony Mooney, Rob Jones, Pippa Rankin, Sophia Carey et Harriet Bols. L'exposition retrace aussi le travail d'identité visuelle de la marque, signé Studio Moross, Paul Hemmingfield, Katie Hamill et Joab Harrison, ceux qui ont créé ce look reconnaissable entre mille sur un flyer.

En parallèle, un court-métrage de six minutes, « Twenty Years In Manchester », réalisé par Leigh Powis, est projeté chaque jour pendant deux semaines à The Green, à St John's. Les deux sont gratuits, un choix inhabituel pour une structure qui affiche complet sur des soirées à l'échelle d'une arène.

La saison WHP26 est-elle juste un tour d'honneur nostalgique ?

La programmation répond d'elle-même. WHP26 ajoute une nouvelle salle, Vault, aux espaces existants Depot, Concourse et Archive du Depot Mayfield, sa plus grande extension physique à ce jour, calée volontairement sur l'anniversaire. Déjà complet : You&Me (les deux dates), Interplanetary Criminal, Duke Dumont, Tiësto et The Streets, tandis que Rampa et &ME pour une soirée Keinemusik le 19 septembre, Worried About Henry le 9 octobre, Hannah Laing et doof le 16 octobre, le NEXUP de Max Dean le 31 octobre et Klangkuenstler le 14 novembre restent encore à venir, aux côtés de noms comme Andy C, Hybrid Minds, Sigma et Solomun sur l'affiche élargie.

« WHP26 va inaugurer Vault, une toute nouvelle salle qui rejoint Depot, Concourse et Archive, agrandissant l'empreinte du lieu pour cette saison anniversaire. »

Ce n'est pas le discours d'une série qui gère son propre déclin.