Sur quoi le Yamamori a-t-il exactement donné son accord ?
Le Yamamori Izakaya, izakaya japonais et salle de musique de South Great George's Street, coupe le son de toutes ses soirées DJ et club à partir du 19 juillet 2026. Le restaurant, lui, reste ouvert jusqu'à la fin de l'année, et les gérants promettent l'annonce d'un nouveau lieu dans les semaines à venir. L'accord clôt un bras de fer de plusieurs mois devant la High Court avec Trinity Hospitality, la société qui exploite l'hôtel Hoxton juste à côté. Après deux jours d'audience, le juge Oisin Quinn a appris le vendredi 26 juin que les deux camps avaient transigé à l'amiable. Pour une salle qui programmait des sets chaque soir depuis une quinzaine d'années, l'accord ressemble moins à une trêve qu'à un lent glissement vers le silence.
Pourquoi ce conflit nous semble-t-il déjà vu ?
Parce que les clubbeurs connaissent le film par cœur. Une salle tourne pendant des années, un hôtel ou un immeuble d'habitation ouvre juste à côté, puis le nouveau venu se plaint du bruit à côté duquel il a choisi de s'installer. Trinity Hospitality a expliqué à la cour que la musique nocturne lui avait coûté jusqu'à 300 000 euros et l'avait contrainte à retirer du service 31 de ses 129 chambres, et elle réclamait un contrôle du son et des limiteurs. Quels que soient les arguments juridiques, le schéma est celui du principe d'antériorité bafoué, celui-là même qui a fait fermer des salles underground de Londres à Berlin : la fête était là avant, et c'est elle qui perd.
Il est insensé que les intérêts d'une chaîne hôtelière anglaise sans âme passent avant ceux d'un établissement dublinois indépendant et solidement implanté.
Qu'est-ce que cela signifie pour Dublin ?
Dublin voit ses espaces nocturnes se raréfier depuis des années, et le Yamamori était l'une des rares salles du centre où un DJ local ou émergent pouvait jouer de la house, de la techno ou du disco n'importe quel soir. Son public ne s'est pas tu : une rave de protestation a rempli la rue devant l'hôtel dès le mois de février. La promesse d'un nouveau lieu compte, mais un déménagement n'est pas un sauvetage, et aucune adresse ni date ne sont encore confirmées. Pour l'heure, un dancefloor de plus s'éteint parce que le voisin aux poches plus profondes a demandé le silence.



