Qui se cache derrière Dr. Banana ?

La nouvelle salle occupe un coin tranquille du quartier de Vergueiro, derrière une façade éclairée au néon jaune et la mention « Fang shik underground ». C'est l'œuvre de Dr. Banana, un projet porté par deux passionnés de la nuit pauliste, Maria Carolina Junqueira Azevedo et Ralnir Jandreiche Nóbrega, qui présentent l'endroit moins comme un lieu que comme une ordonnance. « Cette fête est une ordonnance », ont-ils écrit à l'ouverture. « On prescrit de la bonne musique, des basses profondes, des lumières scénographiées, des rencontres inattendues, une liberté esthétique et assez d'heures pour oublier le monde dehors. » Le premier week-end a tourné avec DJ Mau Mau, Pareto, Azevedo et Glaucia Maismax, et une soirée récurrente, Banana Split, figure déjà au programme.

Une ordonnance faite de basses profondes, de lumières scénographiées et d'assez d'heures pour oublier le monde dehors.

Pourquoi nommer un club d'après une banane de Warhol ?

Le nom renvoie directement à la banane qui s'épluche d'Andy Warhol, en couverture de The Velvet Underground & Nico, clin d'œil au moment où le pop art et l'underground ont fusionné. Il dit exactement ce que veulent les fondateurs : une salle qui traite le clubbing comme une culture, pas comme un service de bouteilles. La référence est espiègle, l'intention sérieuse, un lien assumé avec un âge d'or de la nuit pauliste dont les propriétaires sont issus et qu'ils veulent retrouver.

Qu'est-ce que cela dit de São Paulo aujourd'hui ?

Discrètement, São Paulo est devenue l'une des villes underground qui comptent le plus au monde. D-EDGE façonne l'identité électronique du pays depuis plus de vingt ans, le collectif Mamba Negra a rebattu les cartes de celles et ceux qui montent en cabine, et de nouvelles salles ouvrent sur les toits et dans les étages du centre. Les artistes brésiliens tiennent désormais la tête d'affiche partout, et la scène qui les a formés a été bâtie par des collectifs indépendants, à travers une pandémie et des années de soutien public maigre. Un club tenu par des vétérans, et non par des investisseurs, c'est ainsi qu'un tel élan se consolide : il garde les talents et le public sur place au lieu de les exporter.