Moonchild Sanelly n'a jamais construit sa carrière à l'intérieur d'un genre. Elle l'a construite en refusant d'en choisir un seul. Depuis dix ans, Sanelisiwe Twisha, 38 ans, pose sa voix sur un mélange qu'elle a elle-même baptisé « future ghetto funk » : groove kwaito, attitude hip hop, phrasé jazz, textures électroniques, selon ce que le morceau exigeait. Aujourd'hui, elle resserre cette palette sur une seule direction, et c'est justement celle qui tire le plus l'Afrique du Sud vers l'international en ce moment : l'afro house.
Qu'est-ce qui change vraiment ?
Son nouvel album, « The Blueprint », sort en trois temps : un premier single le 7 octobre, un second le 21 octobre, puis l'album complet le 4 novembre. Il est publié via Mayonie Productions, et le cahier des charges de production est clair : des éléments électroniques et rythmiques typiques de l'afro house, pensés pour porter sa personnalité vocale plutôt que pour l'effacer sous un autre son. C'est tout l'enjeu. La voix de Sanelly, rauque, joueuse, taillée pour les sous-entendus et les formules qui claquent, a toujours été la constante dans ses changements de genre. L'afro house demande à une voix de se loger dans un groove plutôt que de le traverser, et sa capacité à s'adapter à cette discipline est la vraie question posée par ce disque.
Pourquoi le label de Zakes Bantwini compte-t-il ici ?
« The Blueprint » ne sort pas sur n'importe quel label. Mayonie Productions, c'est l'imprint de Zakes Bantwini lui-même, qu'il dirige depuis 2004, et Bantwini fait partie de ceux qui ont transformé la house sud-africaine en produit d'exportation, notamment avec son Grammy pour « Bayethe », aux côtés de Nomcebo Zikode et Wouter Kellerman, lors de la 65e cérémonie des Grammy Awards. Qu'une artiste à vocation grand public confie son entrée en afro house à un producteur avec ce niveau de crédibilité est un signal autant pour la scène que pour les charts : ce n'est pas une pop star qui s'essaie à un genre, c'est un virage cautionné par quelqu'un de l'intérieur.
Fait-elle partie d'un mouvement plus large ?
Ce virage arrive au moment où l'afro house sud-africaine s'exporte de façon visible. NAAK et Vumaala, nom de scène de Bubele Booi, nommée aux Grammy et qui travaille au croisement de l'afro house, du three-step et du gqom, sont toutes les deux programmées à l'Amsterdam Dance Event 2026 grâce au soutien du SAMPRA Development Fund. Le mouvement de Sanelly envoie un signal différent, venu de la même vague : une artiste qui a déjà un public international en dehors du genre choisit de s'en rapprocher, plutôt qu'un nouveau nom qui cherche à s'y faire une place.
« The Blueprint conserve sa signature vocale distinctive tout en embrassant pleinement les sensibilités rythmiques et électroniques de l'afro house », selon les informations de SNL24 sur l'album.



