Qu'est-ce que le conseil municipal de Bristol a vraiment approuvé ?
Le 20 août, la commission des licences du conseil a voté à l'unanimité pour accorder une licence d'exploitation à l'ancien cinéma Odeon de Union Street, à l'issue d'une audience rapportée par Bristol24/7 et reprise par DJ Mag et Mixmag. La licence couvre la vente d'alcool, la petite restauration, la musique live, et des horaires élargis : ouverture jusqu'à 5h du matin le vendredi et le samedi, 4h le reste de la semaine. La seule opposition est venue d'Electric Bristol, un établissement voisin désormais consulté sur ce partage de rue.
C'est une sacrée montée en gamme pour un bâtiment qui a passé 88 ans à vendre des places de cinéma plutôt que des shots après minuit, et cela place le futur lieu au même niveau de licence tardive que les clubs historiques de Bristol.
Qui porte le projet ?
Les promoteurs Luke Turner et Jack Scales, sous la structure UG Arts, reprennent le bâtiment. Ils dirigent déjà Saw Mills à St Jude's et Alfresco Disco, une soirée en plein air organisée à Bristol depuis dix ans. Ils ont promis d'investir 500 000 £ dans l'aménagement du cinéma, même si ni le nom du lieu ni sa date d'ouverture ne sont encore fixés. Ce déménagement s'explique par la fermeture de leur lieu actuel, The Underground, dont le bâtiment part en réhabilitation, le même sort qui leur offre aujourd'hui une scène bien plus grande à quelques rues de là.
« On veut apporter quelque chose à Bristol, pour les gens de Bristol, vraiment ajouter à la culture de la ville », ont déclaré Turner et Scales à Bristol24/7. « C'est un lieu tellement unique pour une salle de musique. C'est un bâtiment incroyable, presque déjà prêt à l'emploi. »
« C'est un bâtiment incroyable, presque déjà prêt à l'emploi. »
Pourquoi un cinéma de 1938 fait-il un bon club ?
L'Odeon a ouvert le 16 juillet 1938, un édifice Art déco signé T. Cecil Howett, construit sur l'ancien site de la chocolaterie J S Fry & Son, avec une entrée d'angle arrondie habillée de faïence crème et verte. Il est classé Grade II, et ce n'est même pas sa première réinvention : le cinéma avait déjà fermé une fois, en 1983, pour une réhabilitation qui a éventré le parterre d'origine (une partie du site est devenue un Mothercare) et l'a reconstruit en une salle plus petite à trois écrans, rouverte en 1985. Il s'est éteint pour de bon le 11 février dernier, quand Odeon a transféré son exploitation bristolienne à Cabot Circus.
Un hall en rotonde et une salle pensée pour accueillir des centaines de sièges se transforment bien plus naturellement en club que la plupart des locaux commerciaux vides, ce qui explique pourquoi les reconversions de cinémas en clubs reviennent si souvent alors que les promoteurs britanniques manquent de salles conçues pour ça.
Pourquoi cette histoire dépasse-t-elle un simple coin de rue bristolien ?
Les clubs britanniques perdent leurs bâtiments à cause de la réhabilitation plus vite que de nouveaux n'ouvrent. The Underground, le lieu de Turner et Scales, en est la preuve, et les promoteurs de Bristol ont fait pression plus tôt en 2026 pour que le conseil maintienne son partenariat de sécurité Bristol Nights. Un bâtiment patrimonial qui retrouve une seconde vie en salle de nuit sous licence, plutôt qu'en logements ou en nouvelle enseigne, c'est la version rare de cette histoire où la ville gagne de la capacité au lieu d'en perdre.



