Les premiers appels sont arrivés chez Avon and Somerset Police juste après minuit dans la nuit du 25 octobre. Le motif : une « musique très forte » en provenance d'un entrepôt désaffecté du City Business Park, à Lawrence Hill, dans l'est de Bristol. Sur place, les forces de l'ordre ont trouvé une rave de près de 1 000 personnes, bien décidée à ne pas les laisser entrer.
Comment un millier de personnes ont-elles tenu un entrepôt face à la police ?
Selon Mixmag, les policiers sont arrivés devant un bâtiment sécurisé et barricadé, une manœuvre que la police dit avoir été délibérément pensée pour les empêcher d'accéder aux lieux. Des images diffusées depuis l'intérieur montrent des agents casqués, boucliers au poing, postés aux portes, tandis que la fête continuait à l'intérieur. À l'extérieur, des policiers en uniforme tenaient le périmètre pour empêcher l'arrivée de nouveaux participants, qui ont alors escaladé les grilles environnantes pour entrer ou sortir pendant que le face-à-face se poursuivait. Des unités spécialisées ont fini par forcer l'entrée. Quand l'opération s'est terminée vers 10h30, soit une dizaine d'heures après les premiers appels, la police avait saisi la sono, les platines, et un véhicule présent sur le site.
La police affirme que le bâtiment avait été barricadé pour les « empêcher » d'y accéder.
Trois personnes ont été arrêtées sur place pour avoir causé intentionnellement ou par imprudence un trouble à l'ordre public, le motif vers lequel la police britannique se tourne désormais par défaut pour les soirées non autorisées depuis que l'abrogation des anciennes lois anti-rave axées sur le bruit a rendu ce chef d'accusation plus simple à établir. Yahoo News UK rapporte, de son côté, que ces mêmes personnes ont ensuite été liées à des faits de possession de stupéfiants de classe A. Personne ne conteste l'ampleur de l'événement : une foule de plus de mille personnes, c'est une free party d'un calibre rare au Royaume-Uni, pas une petite fête improvisée entre ados.
Quel a été le prix pour le voisinage ?
Ceux qui n'avaient rien demandé ont, eux aussi, payé le prix. Yahoo News UK cite un riverain selon qui « aucun de nous n'a dormi de la nuit », qui décrit le bruit comme « vraiment brutal ». C'est l'autre moitié de cette histoire que la scène n'aime pas toujours regarder en face : une rave en entrepôt n'est jamais vraiment isolée, et le quartier résidentiel de Lawrence Hill a subi une nuit entière de basses et d'intervention policière qu'il n'avait pas choisie.
Cette scène est familière dans l'histoire des free parties britanniques. Les raves illégales dans des zones industrielles désaffectées survivent à toutes les répressions depuis le Criminal Justice Act de 1994, qui voulait légiférer contre les « beats répétitifs », parce que l'économie qui les sous-tend n'a pas disparu : les locaux industriels vides sont bon marché et nombreux, alors qu'une licence tardive pour une vraie soirée underground à l'échelle d'un entrepôt, dans une ville comme Bristol, n'est ni facile ni bon marché à obtenir.



