Simon Dunmore a passé vingt ans à construire Defected Records, le label qui incarne la house moderne, avant de le céder en 2022 pour retourner à un rôle de consultant A&R. Quatre ans plus tard, il devient actionnaire majoritaire d'un tout autre animal : House Culture, la marque média house née sur Instagram.
Pourquoi l'homme qui a vendu un label rachète-t-il un compte Instagram ?
House Culture n'est ni un label ni un club. Stephen Hedge et Richard Clark se sont croisés sur une piste de danse à Shoreditch en 2012 et ont commencé à poster des disques et des flyers pour les passionnés de house. Le compte a grimpé vers 100 000 abonnés, puis a donné naissance en 2019 à un podcast, animé par le contributeur Matt Rouse, qui a accueilli Fatboy Slim, Danny Tenaglia ou David Morales. Dunmore y est passé en invité en 2024, a aimé ce qu'il a vu, est revenu animer une série de cinq épisodes puis des enregistrements en public à Londres, et la conversation avec Hedge et Clark a fini par se transformer en accord.
"Je commençais à comprendre que j'avais besoin d'un but dans ma vie et que j'avais pris ma retraite trop tôt."
Qu'y gagne concrètement Dunmore ?
Aucun montant n'a été révélé, et il s'agit d'une participation majoritaire, pas d'un rachat total : Hedge et Clark restent fondateurs, Rouse garde le micro du podcast, et les contributeurs Nick Gordon Brown et Steve Banks continuent leur implication. Pour Dunmore, l'attrait tiendrait à la communauté elle-même. "J'ai été séduit par leur passion pour la house et la communauté engagée qu'ils avaient construite en si peu de temps", a-t-il déclaré, précisant que l'équipe tient à "ce que les personnes qui ont construit cette culture soient correctement reconnues".
Que devient House Culture maintenant ?
Le plan affiché est de transformer une opération podcast-et-Instagram en véritable maison d'édition : articles originaux, vidéo, newsletter et archive retraçant les disques, artistes, labels et clubs qui ont bâti la house, en plus de nouveaux événements et sorties musicales. C'est un pari clair : la prochaine étape des médias house ne passe pas par un nouvel imprint, mais par une archive communautaire adossée au carnet d'adresses et à la puissance de diffusion d'un vétéran.



