Que reproche exactement Sony à Udio ?

Sony Music Entertainment a déposé une plainte pour violation de droits d'auteur contre Udio le 20 juillet 2026, devant le tribunal fédéral du district sud de New York, aux côtés de neuf labels affiliés dont Arista Records et LaFace. La plainte liste 30 117 enregistrements précis, couvrant près de sept décennies, du catalogue 1956 d'Elvis Presley aux sorties 2023 de Harry Styles, que Sony accuse Udio d'avoir copiés sans autorisation pour entraîner son modèle d'IA générative. Le label avance trois motifs distincts : violation des enregistrements postérieurs à 1972, protection des enregistrements antérieurs à 1972 au titre du Music Modernization Act, et contournement au sens du Digital Millennium Copyright Act. Au total, la demande de Sony plafonne autour de 4,5 milliards de dollars : jusqu'à 150 000 dollars par enregistrement, plus jusqu'à 2 500 dollars par contournement DMCA. La plainte précise que ces 30 117 titres ne représentent qu'« une petite partie » du catalogue de Sony.

Pourquoi une nouvelle plainte plutôt qu'un ajout à l'ancienne ?

Sony, Universal et Warner avaient attaqué Udio ensemble dès juin 2024 pour l'usage d'enregistrements protégés dans l'entraînement de son IA. Cette nouvelle plainte existe parce que le juge Hellerstein a refusé d'intégrer les 30 117 titres nouvellement identifiés à la procédure d'origine. Plutôt que d'attendre, Sony a ouvert une seconde action autonome le 20 juillet, contre le même défendeur. La plainte affirme que « l'adoption tardive de licences par Udio ne fait que souligner l'illégalité de sa décision initiale de copier les enregistrements protégés [de Sony] sans licence », une pique directe visant les accords récents d'Udio avec d'autres ayants droit.

Pourquoi Universal et Warner ont-ils signé, et pas Sony ?

Universal Music Group a conclu un accord de licence avec Udio en octobre 2025, incluant une plateforme d'IA commune lancée en 2026 avec une rémunération des artistes sur la base du volontariat. Warner Music Group a signé son propre accord, tout comme des organismes de gestion collective comme Merlin, Kobalt, Believe et la National Music Publishers' Association. Sony Music Entertainment est désormais le seul major encore en procès plutôt qu'en négociation, pariant que son catalogue vaut plus devant un tribunal que ce qu'Udio proposait.

Qu'est-ce que cela change pour les producteurs house et techno ?

Aucun des 30 117 titres cités n'est un morceau de dance, mais la théorie juridique employée ici ne fait aucune distinction de genre. N'importe quel label, y compris un imprint house ou techno indépendant, dispose du même recours si une plateforme d'IA générative aspire son catalogue sans licence. À mesure que les modèles d'IA progressent spécifiquement sur la musique électronique, l'exposition que Sony chiffre aujourd'hui à 4,5 milliards de dollars est exactement celle que court un petit label si ses sorties finissent dans des données d'entraînement sans accord. Les producteurs et les labels qui négocient une offre de licence IA, ou qui se demandent si leur catalogue a déjà été aspiré, disposent désormais d'un chiffre concret pour évaluer ce que vaut ce combat face à un major.