Londres ne manque pas de festivals qui collent l'étiquette "queer-friendly" sur une affiche en guise de programmation. Le 30 août, Southwark Park fait autrement : Body Movements confie ses cinq scènes aux collectifs qui font vivre les nuits queer de la ville le reste de l'année, plutôt que de composer une seule affiche depuis le sommet.

Qu'est-ce qui rend vraiment cette programmation différente ?

La plupart des festivals bookent des artistes, impriment une affiche, et c'est plié. Body Movements s'associe à 16 collectifs queer et trans, dont Dalston Superstore, DAYTIMERS, 2CPERREA et Little Gay Brother, et laisse chacun curater sa propre tranche de la journée sur cinq scènes aux noms typiquement sans détour : Mother, The Strap, Snatch, Hot Mess et Glory Hole. Ce n'est pas cosmétique. La politique de la porte, le son, le public et l'énergie de chaque scène changent selon le crew qui la tient, plus proche d'une vitrine tournante de l'écosystème festif londonien que d'une programmation unique.

Qui joue vraiment le 30 août ?

La lineup dépasse les 40 artistes et traverse house, techno et ballroom sans se cantonner à un seul registre. Le duo phare côté house underground, c'est Eris Drew b2b Octo Octa, deux figures parmi les plus respectées du son house brut et rythmé par le breakbeat qui donne à l'édition 2026 sa colonne vertébrale organic house. Le reste de l'affiche compte Romy, MCR-T, Saoirse b2b Shanti Celeste, Sedef Adası et Six Sex, ainsi qu'Amaliah et BASHKKA. Jay Jay Revlon anime une masterclass de vogue sur place, intégrant directement le ballroom, une scène dont la house underground est largement et souvent trop peu redevable, au cœur de la programmation plutôt que de le traiter comme une animation annexe.

Body Movements se présente comme le premier festival électronique queer et trans du Royaume-Uni, et c'est le modèle collectif qui rend cette affirmation crédible au-delà du slogan marketing.

D'où vient Body Movements ?

Le festival a été fondé en 2021 par la DJ et patronne du label trUst Saoirse, Clayton Wright de Little Gay Brother, et le promoteur Simon Denby, apparemment nés de la frustration de voir si peu de talents queer londoniens représentés dans les grandes programmations de la ville. Il a démarré comme une soirée multi-lieux répartie sur une quinzaine d'espaces à Hackney Wick, avant de devenir un festival sur site unique à Southwark Park. La structure centrée sur les collectifs a survécu à cette croissance : plutôt qu'un festival accueillant occasionnellement le takeover d'un collectif queer, ce sont les collectifs qui sont le festival.