Burning Man a désormais enregistré au moins dix morts depuis son installation dans le désert de Black Rock, au Nevada, en 1990, après que deux nouveaux décès s'y sont ajoutés cette semaine, sur une liste qui n'arrête pas de s'allonger à mesure que la météo de l'événement devient de plus en plus instable.

L'événement, placé sous le thème Axis Mundi, s'est tenu du 30 août au 7 septembre dans le désert de Black Rock. Un homme d'une cinquantaine d'années est mort jeudi d'un malaise, et Craigh Mann, 60 ans, a été retrouvé mort dans son camp samedi. Des pluies survenues la même semaine ont transformé la playa en bourbier et brièvement coupé l'unique route d'accès à Black Rock City, la cinquième fois en treize ans qu'une météo extrême force les organisateurs à fermer les accès.

Combien de personnes sont mortes à Burning Man ?

Des décomptes journalistiques ont recensé au moins huit morts à Black Rock City entre 1990 et l'édition de l'an dernier, un chiffre qui n'est pas officiel, le Burning Man Project ne publiant aucun total cumulé, mais une estimation à laquelle chercheurs et journalistes sont parvenus en dépouillant des années de couverture médiatique. Cette liste comprend Aaron Joel Mitchell, 41 ans, mort en 2017 après avoir délibérément franchi une barrière de sécurité pour courir vers l'effigie enflammée du Man, et Kendra Frazer, 39 ans, retrouvée inconsciente le jour d'ouverture de l'édition 2024. Un décès en 2025, toujours classé comme le premier homicide présumé de Black Rock City, a porté ce total à neuf. Les deux décès de cette semaine, dont la cause reste chacune à déterminer, font passer le total documenté au-dessus de dix.

Pourquoi quelqu'un meurt-il presque chaque année ?

Black Rock City est une agglomération temporaire d'environ 70 000 personnes, bâtie de toutes pièces dans un désert alcalin sans hôpital permanent, qui fonctionne une seule semaine chaque fin d'été dans des conditions que les organisateurs eux-mêmes décrivent comme des « extrêmes volatils » : des rafales de vent jusqu'à 110 km/h, des tempêtes de sable et des écarts entre une chaleur avoisinant les 38 °C le jour et des températures glaciales la nuit. Un rassemblement de cette taille, aussi loin de toute infrastructure médicale d'urgence, produit des malaises la plupart des années, le premier décès de cette semaine en fait partie, et les années précédentes ont compté des chutes, des incidents liés à la drogue et la mort par le feu de 2017. Plus rare, et ce qui a rendu le cas de 2025 notable, est un décès instruit comme un homicide plutôt que comme un accident ou un malaise.

La météo empire-t-elle vraiment ?

L'événement a désormais fermé ses accès pour météo extrême cinq fois depuis 2013 : une fermeture liée à la pluie cette année-là, le « mudpocalypse » de 2023 qui a bloqué des dizaines de milliers de personnes pendant des jours, une tempête de sable le dernier jour de 2024 qui a retardé l'exode de plus de quatre heures, une tempête de sable en 2025 qui, selon les organisateurs, a détruit jusqu'à 70 % des infrastructures de certains camps avant plusieurs jours de pluie et une chaleur avoisinant les 38 °C, et la fermeture liée à la pluie de cette semaine. Daniel McEvoy, climatologue au Desert Research Institute, a expliqué que les précipitations estivales dans la région du Great Basin devraient augmenter de 10 à 15 % d'ici le milieu ou la fin du siècle avec le réchauffement climatique, l'air plus chaud pouvant retenir davantage d'humidité et alimenter des tempêtes plus intenses. D'autres chercheurs du même institut mettent en garde contre l'idée de lire une seule mauvaise année comme la preuve, à elle seule, du changement climatique, Mike Kaplan, professeur émérite au DRI, a décrit les conditions de 2025 comme relevant davantage de la variabilité naturelle du désert que d'un signal clair de réchauffement. Ce qui a changé, c'est la fréquence : deux fermetures en quatre ans, après une décennie sans aucune.

Qu'est-ce qui a changé depuis les mauvaises années ?

Les organisateurs ont réagi aux inondations de 2023, qui avaient piégé les participants derrière une playa impraticable pendant des jours, en refondant leurs plans de gestion des intempéries soudaines. La fermeture de cette semaine l'a démontré : au lieu d'un siège de plusieurs jours, l'entrée, la sortie et l'aéroport du site de Black Rock City ont rouvert le soir même où la pluie a cessé, dès que le sol a été assez ferme pour faire circuler les véhicules en sécurité. Ni les décès de cette semaine ni celui, concomitant à la pluie, de 2023 n'ont été rattachés à la météo elle-même, les autorités ont indiqué que le décès de 2023 n'avait aucun lien avec les inondations, et le premier décès de cette semaine a été décrit comme un malaise sans rapport avec l'orage. Le schéma se répète : les décès et la météo continuent de survenir la même semaine, mais, pour l'instant, pas pour la même raison.

« Nos pensées et nos plus sincères condoléances vont à la famille du participant, à ses amis, à ses compagnons de camp et à tous ceux touchés par cette perte. »